Marche contre les violences, les crimes d’État et le racisme systémique

Date/heure
Date(s) - 16 mars 2024
14h00 - 18h00

Emplacement
Place de la République - Paris

Marche contre les violences, les crimes d’État et le racisme systémique

Rendez-vous le samedi 16 mars 2024 à 14h place de la République à Paris pour une marche contre les crimes d’État et le racisme systémique.

Appel à la marche annuelle et internationale contre les violences, les crimes d’État et le racisme systémique

Le Réseau d’Entraide Vérité et Justice appelle à marcher le 16 mars 2024 avec les familles de victimes et les survivant·es des violences policières, pénitentiaires, psychiatriques et judiciaires contre l’impunité de ces violences, contre les propos, actes, violences et crimes racistes, xénophobes, homophobes, sexistes. Nous marcherons ensemble pour la mémoire des victimes défuntes et l’honneur des survivant·es de l’État policier et judiciaire.

Cela fait 28 ans que le Collectif Opposé à la Brutalité Policière (COBP) de Montréal appelle, le 15 mars, à la Journée Internationale contre la brutalité policière. En France, dès 2011, les familles endeuillées, les survivant·es et leurs soutiens ont répondu à l’appel afin de rompre l’isolement, dénoncer l’impunité policière, le déni de justice et rendre hommage aux victimes de violences, de crimes et de racisme d’État.

Depuis 2018, le Réseau, constitué de familles de victimes tuées par la police, la gendarmerie, la prison et l’enfermement psychiatrique, ainsi que de familles qui ont perdu un proche suite à des disparitions forcées et de personnes blessées et mutilées par la police, organise cette journée avec des collectifs féministes, antiracistes, antifascistes, anticolonialistes, de personnes exilées, migrant·es et de collectifs en lutte contre les violences et crimes d’État.

Les violences policières ne sont pas des « faits divers », mais une réalité qui persiste. Depuis des décennies, la police, la gendarmerie, les centres de rétention administrative (CRA), les frontières et la prison tabassent, blessent, mutilent, harcèlent, violent, répriment, torturent et tuent celles et ceux qui ne correspondent pas à l’ordre établi ou qui s’y opposent. Le journal Basta ! recense 861 morts entre 1977 et 2022 par asphyxie par plaquage ventral ou étranglement, tirs à arme à feu, tirs de grenades, LBD, taser, par-chocage, prise en chasse dangereuse. En 2023, Desarmons-les ! a établi le macabre bilan de 37 tué.es suite à une intervention policière. Les blessé·es et mutilé·es du « maintien de l’ordre » par des armes (matraques, LBD, grenades) augmentent fortement ces dernières années : 2 500 blessé·es rien que parmi les Gilets jaunes en un an, dont 346 à la tête, 30 éborgné·es, 5 mains arrachées. À cela s’ajoutent les tabassages et les 250 mort·es chaque années dans les prisons françaises, dont la moitié sont des suicides suspectés ou annoncés, et les violences psychiatriques, le harcèlement et les violences policières à l’encontre des exilé·es et migrant·es.

La réalité de ces violences policières c’est aussi celle de l’impunité policière et d’une justice complice. D’après le journal Basta !, sur 213 interventions policières létales de 1977 à 2020 dont les suites judiciaires sont connues, il n’y a aucun procès dans 67 % de ces affaires. Sur ces 213 affaires, 39 % sont classées sans suite et 28 % se terminent par un non-lieu. Aussi, sur 23 éborgné·es pendant les Gilets jaunes, il n’y a eu qu’un seul procès et aucune condamnation du policier ou du gendarme ayant tiré. Depuis des années les victimes et les familles de victimes dénoncent la lenteur judiciaire et l’impunité policière, avec l’évitement de l’enquête, le faux et usage de faux en écriture publique, le refus d’accéder aux preuves et leurs falsifications et destructions, le refus d’entendre les témoins, la difficulté d’obtenir systématiquement une reconstitution réelle des faits sur les lieux du crime ou de la violence, la criminalisation des victimes, les intimidations.

L’État policier est en guerre contre la population que le gouvernement criminalise. Les policiers et gendarmes sont placés au-dessus des citoyens « ordinaires » qui sont contraints d’être sous leur autorité. Les victimes de la brutalité policière et pénitentiaire sont dénigrées. Ces abus de pouvoir par le biais d’arrestation, d’incarcération, de violences physiques et morales sont possibles dans notre société, car certaines vies sont placées en dessous des autres.
Nous disons stop ! Aucune vie n’est supérieure à une autre.

La peine de mort a été abolie depuis octobre 1981 en France, les crimes policiers et pénitentiaires ne peuvent rester impunis !
Nous appelons à briser le silence, à filmer, à multiplier les témoignages publics, à nous organiser et à défendre nos droits contre ces abus meurtriers ici et au-delà des frontières.

Comme lors de la marche pour l’égalité en 1983, de la mobilisation des personnes qui n’ont pas les bons papiers de l’église Saint-Bernard en 1996, ou lors des révoltes de 2005 et 2023 en passant par le mouvement des gilets jaunes, construisons ensemble cette solidarité, contre l’Injustice et l’Impunité, en exigeant Vérité, Justice et Réparations pour toutes les victimes d’hier à aujourd’hui des brutalités policières, carcérales, psychiatriques et judiciaires.
Solidarité et soutien aux peuples opprimés à travers le monde
Toute vie est une vie ! Ni oubli, Ni pardon !